(Panainfos)-Les programmes spatiaux se multiplient en Afrique, devenant un moteur de croissance et d’innovation pour plusieurs pays. Selon le Centre africain d’études stratégiques (ACFSS), les États africains consacrent environ 500 millions de dollars par an à leurs programmes spatiaux. Ces investissements visent à renforcer la souveraineté, la résilience et la place de l’Afrique dans l’économie numérique mondiale. Parmi les pays les plus actifs figurent l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Maroc, l’Algérie et l’Angola.
Le continent compte plus de 120 satellites en cours de développement, dont le lancement est prévu d’ici 2030. Actuellement, 21 pays africains ont mis en place des programmes spatiaux et 18 ont lancé au moins un satellite. Le total combiné des satellites lancés, incluant des CubeSats, atteint 65 unités. Ces satellites couvrent des missions variées : observation de la Terre, communication et programmes scientifiques. L’Afrique du Sud, par exemple, collabore avec la NASA sur le programme Artemis, visant l’exploration de la Lune et de Mars.
Les satellites ont des applications concrètes pour les populations. Ils permettent de surveiller les frontières, lutter contre la contrebande et le braconnage, et protéger les zones économiques exclusives. Dans le secteur agricole, ils fournissent des données climatiques et de sols, essentielles pour augmenter les rendements et réduire les pertes. Ils facilitent aussi la connectivité, notamment Internet haut débit dans les zones rurales, la télévision et la téléphonie mobile. La pandémie de COVID-19 a démontré l’importance des réseaux satellitaires pour l’enseignement à distance et la télémédecine.
Pour mieux coordonner ces initiatives, l’Union africaine a créé en avril 2025 l’Agence spatiale africaine (AfSA), basée au Caire. Elle vise à harmoniser les programmes nationaux, mutualiser les coûts et renforcer les capacités techniques du continent. L’espace africain attire également l’intérêt des grandes puissances, notamment la Chine, la Russie, l’Europe et les États-Unis, qui financent ou soutiennent certains satellites. Les experts soulignent l’importance de garantir que ces investissements produisent des retombées concrètes pour les citoyens, en équilibrant innovation technologique et besoins sociaux essentiels.
Gabriel BLIVI
