(La Nouvelle République)-L’agriculture africaine fait face à un déficit annuel de financement estimé à 200 milliards de dollars, selon une estimation citée le 24 septembre 2026 par Agnes Kalibata, ancienne ministre rwandaise de l’Agriculture et coprésidente du comité directeur du Global Agriculture and Food Security Program (GAFSP).
Ce manque de capitaux constitue un frein important au développement des systèmes alimentaires du continent, alors que l’agriculture demeure un secteur essentiel pour l’emploi, les revenus ruraux et la sécurité alimentaire. Selon Kalibata, la croissance agricole peut être jusqu’à quatre fois plus efficace que celle d’autres secteurs pour réduire la pauvreté.
Le financement des petits exploitants reste particulièrement difficile. En Afrique subsaharienne, environ 90 % de la production de cultures vivrières dépend de l’agriculture pluviale, ce qui expose fortement les producteurs aux sécheresses et autres chocs climatiques. Les petits prêts sont également considérés comme coûteux à gérer pour les établissements financiers, ce qui limite l’accès au crédit.
Des mécanismes de financement mixte commencent toutefois à attirer davantage de capitaux privés. Au Rwanda, une allocation de 6 millions de dollars du GAFSP a notamment permis de mobiliser 15 millions de dollars supplémentaires auprès de partenaires financiers, avec un objectif de toucher 35 000 petits exploitants.
Le défi reste désormais de porter ce type de mécanisme à l’échelle du continent afin de rapprocher les financements des agriculteurs et des entreprises agroalimentaires.
