(Panainfos)-Les départs de migrants sénégalais et gambiens vers l’Espagne continuent, malgré les risques mortels. Fin août, la famille d’Aliou a découvert son décès après qu’il ait embarqué pour l’Europe. La pirogue dans laquelle il voyageait s’est échouée en Mauritanie, avec plus de soixante corps retrouvés.
La semaine dernière, une embarcation de 112 migrants a été interceptée au large de Ouakam par les forces sénégalaises. Le bateau était en dérive après que le capitaine ait emporté le moteur, abandonnant les passagers. L’expression locale « Barça » désigne ce type de migration clandestine vers l’Espagne, et « Barçak » évoque la mort en mer.
Selon l’ONG Caminando Fronteras, 1 865 personnes sont mortes ou portées disparues sur la route ouest-africaine entre janvier et mai 2025. La route de l’Atlantique reste la plus meurtrière, avec 1 482 victimes, principalement au départ de la Mauritanie. Malgré ces chiffres, le nombre de départs et d’arrivées est en baisse par rapport à 2024.
Le Sénégal dispose désormais d’une stratégie nationale pour lutter contre la migration irrégulière, axée sur la prévention, la protection des migrants et le renforcement des frontières. Des experts estiment cependant que l’approche reste trop sécuritaire et recommandent davantage d’investissements dans l’éducation, l’emploi et la sensibilisation des jeunes. La mortalité en mer montre que la question humanitaire reste cruciale, même si le flux diminue.
Louise LAWSON
