(Panainfos)-À New York, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Bintou Keïta, cheffe de la MONUSCO, a tiré la sonnette d’alarme. Elle a dénoncé l’écart croissant entre les résolutions adoptées et la réalité sur le terrain. Les provinces de l’Est de la RDC sont ravagées par les groupes armés, laissant les civils dans une grave crise humanitaire.
Depuis le début de l’année, le Mouvement du 23 mars (M23) a pris le contrôle de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, incluant Goma et Bukavu. Le M23, accusé de recevoir un soutien militaire du Rwanda, a mis en place une administration parallèle dans ces territoires.
La RDC a alerté sur les risques de nettoyages ethniques dans les zones occupées. À Bukavu, des centaines de jeunes hommes auraient été déplacés vers un lieu non divulgué. Kigali a réfuté ces accusations, mettant en avant la présence des FDLR et le rôle de l’armée congolaise sur le terrain.
La MONUSCO, déployée depuis 1999 avec plus de 9 000 soldats, fait face à des contraintes financières et logistiques importantes. Rotations de troupes bloquées, retards dans l’acheminement de vivres et carburant, et accès restreint compliquent la protection des civils. Plus de 27 millions de Congolais souffrent d’insécurité alimentaire, tandis que le plan humanitaire de l’ONU n’est financé qu’à 15 %.
Gabriel BLIVI
